Synopsis :

Alexis Lecointe, ex-ingénieur et conférencier gesticulant, et Frédéric Bosqué, entrepreneur humaniste, nous emmènent par le voyage et l’enquête à découvrir cette proposition de revenu de base : un revenu sans conditions, individuel, de la naissance à la mort, cumulable, sans exigence de contrepartie, inaliénable … Une nouvelle mesure économique pour libérer le travail du carcan de l’emploi, libérer la créativité, faire baisser la pression économique sur les individus, augmenter le pouvoir d’agir et pas simplement le pouvoir d’achat.. Mais c’est aussi un objet de réappropriation de la monnaie et de la création monétaire au service de l’intérêt général. Un objet de réflexion sur le temps libre, la notion de travail et de métier, pour construire une société respectueuse des humains et de la nature. Il y a du travail pour changer de civilisation !

Synopsis détaillé :

Employé. L’être humain qui s’employait, jadis, à transformer son milieu de vie pour améliorer sa condition, est aujourd’hui employé, malgré lui, par des tierces personnes immorales productrices parfois de destructions qu’on appelle richesses car comptabilisées dans le P.I.B. « Qui ne travaille pas ne mange pas » ! Mais qui décide dans quoi travailler ? Et pour produire quoi ? Qui décide dans quelles filières investir ? Dans quel secteur de la recherche investir ? Qui décide de la direction à donner à nos vies individuelles et collectives ?

Un revenu pour le travail, salarié, on connait. Mais un revenu pour redonner de la force à des individus rendus esclaves de ce système de production, un revenu pour changer de direction, pour oser dire non, un revenu pour opérer la transition, avoir le temps de s’employer à nouveau, par soi-même, dans ce qui nous semble juste, dans l’éducation, la santé, l’information, la culture, l’intergénérationnel, redécouvrir et réinvestir des modes de vies pluriels, réapprendre l’agriculture à échelle humaine, prendre le temps de respirer, de vivre, de connaître son voisin. Monter une entreprise qui réponde à un besoin autre que de simplement créer de l’emploi. Non. Un revenu pour la vie ? Versé à tous et toutes sans conditions ? C’est la proposition qui est portée par le Mouvement Français pour un Revenu de Base et par d’autres groupes européens et internationaux dans le monde comme le Basic Income Earth Network.

« Le revenu de base est un droit inaliénable, inconditionnel, cumulable avec d’autres revenus, distribué par une communauté politique à tous ses membres, de la naissance à la mort, sur base individuelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie, dont le montant et le financement sont ajustés démocratiquement. » (Définition du Mouvement Français pour un Revenu de Base)

FredFrédéric Bosqué, entrepreneur humaniste, membre du Centre des Jeunes Dirigeants et fondateur de la monnaie citoyenne Sol Violette à Toulouse, se lance pendant l’été dans un tour de France à vélo électrique pour rencontrer des collectifs locaux et débattre du revenu de base. C’est parfois une grande surprise pour ces derniers d’entendre parler de cette idée. Elle interpelle.

Frédéric est un républicain, un inconditionnel de Jean-Jacques Rousseau. Pour lui le revenu de base sera un nouveau droit constitutionnel qui nous permettra de refonder la république et le pacte social. C’est un saut qualitatif au moins aussi important que le passage de la société esclavagiste à la société industrielle.

quebec6Alexis Lecointe, ex-ingénieur, participe aussi à ce travail d’éducation populaire par la création d’une conférence gesticulée, il est conférencier gesticulant. C’est son travail choisi librement. « Je souhaite proposer un espace où faire, refaire si besoin, du politique, c’est-à-dire parler avec d’autres êtres humains de « comment vivre ensemble », en partant de nos petites histoires de vie pour les inscrire dans la grande histoire de l’humanité ». Par son activité, il requestionne la notion de travail et amène des publics à faire de même.

Ses petites histoires de vie, pour Alexis, ce sont par exemple ses premières expériences de travail rémunéré comme au collège où il est payé par une de ses copines de classe pour l’embrasser. Ou encore ses multiples expériences de travail dans l’humanitaire en tant qu’ingénieur, jamais considéré par ses parents comme du « vrai » travail. Il assimile enfin la plupart des très grandes entreprises, publiques comme privées, à des entreprises psychopathes, faisant référence aux critères reconnus par les spécialistes pour désigner un psychopathe : indifférence, irresponsabilité, absence de culpabilité… Et on appelle ça des personnes morales !

PlassardFrançois Plassard, ancien agent territorial, conteur et retraité très actif, précisera comment la métamorphose du travail, inéluctable selon lui, citant pêle-mêle Albert Jacquart, Jacques Attali, Patrick Viveret, est la condition pour que les citoyens puissent se consacrer à des chantiers de transition au niveau local, se réapproprier des temps sociaux confisqués par l’impératif de « gagner sa vie ». S’informer, s’impliquer dans une association, agir dans le souci du bien commun sans être angoissé par la peur du lendemain et la tyrannie de l’esprit de rentabilité : une voie certaine pour libérer la créativité et l’envie de faire.

François explique comment, de 1992 à 1996, l’expérimentation régionale de l’Université Citoyenne du temps choisi, a permis de montrer comment des gens qui travaillaient à temps plein de manière parfois aliénante ont, grâce à un chèque de temps choisi, d’environ 450 euros, libéré la moitié de leur temps de travail pour se mettre spontanément au service du bien commun, dans des projets remplis de sens, socialement comme écologiquement.

Baptiste« Travailler tous pour travailler moins » dira Baptiste Mylondo, économiste et objecteur de croissance. L’objectif n’est pas de travailler tous, c’est de travailler moins, de détruire des emplois, de défaire la machine à turbin. « Nous consommons trop, nous produisons trop, nous travaillons trop. » Il considère que c’est l’emploi qui détruit les gens et s’érige contre la centralité de l’emploi qui ne peut pas être un objectif de société en lui-même.

Quand au financement de cette petite révolution non-violente, un quart d’heure du film sera consacré à rassurer les sceptiques, les « réalistes » (qui ne sont pas ceux qu’on croit). De la simplification de systèmes d’aides existants, complexes, inefficaces et couteux, à la réappropriation de la création de monnaie libre de dette, en passant par les leviers fiscaux qui permettent aux plus aisés de contribuer à soutenir les plus fragiles individus de la communauté, nous verrons que l’argent est un faux problème. Gérard Foucher, auteur des « secrets de la monnaie », nous aidera à saisir l’importance de la création monétaire pour sortir de la crise par le haut, financer le revenu de base et apporter une réponse partielle au poids de la dette publique.

A l’heure du grand marché transatlantique qui va encore plus imposer ses normes de rentabilité, de profit à court-terme, à tout les domaines de la vie qui n’en peut déjà plus, l’instauration d’un revenu de base inconditionnel serait une solution pour remettre le marché à sa juste place, « dans le lit qu’il n’aurait jamais du quitter », dixit François Plassard. Une solution pour garantir la paix et la démocratie au moment où, encore une fois dans l’histoire, elle est remise en question. Pas une baguette magique, mais un outil à étudier sérieusement.

GorzEnfin le film sera en quelque sorte placé sous le regard bienveillant du père de l’écologie politique en France : André Gorz. Au travers de l’unique entretien filmé disponible et en bonne qualité, un entretien réalisé en 1990 par une production belge, André Gorz sera remis à l’honneur dans ce film comme pour indiquer à la gauche française et aux syndicats qu’on aurait peut-être du l’écouter davantage depuis 20 ans. « Le syndicat de travailleurs est une forme périmée de syndicalisme parce qu’il ne regroupe que les gens qui ont un travail régulier et rémunéré. Si le syndicalisme doit jouer un rôle comparable à celui qu’il a joué dans le passé, il faut qu’il cesse de se considérer comme syndicat de travailleurs et se transforme en syndicat de citoyens. »

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